Comment connaître la note énergétique de son logement ?

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Lorsque l’on pense à réaliser des économies d’énergie, c’est que l’on estime que ses factures de chauffage et d’électricité sont trop élevées. Pour autant, comment savoir si l’on paye trop cher par rapport à ses voisins ? C’est là qu’intervient la notion de classe énergétique. Cette dernière, déterminée par un audit technique que l’on appelle Diagnostic de Performance Energétique (DPE), est réalisée par un professionnel et nous renseigne sur la performance de notre installation et permet d’anticiper les factures énergétiques à venir.

Découvrez dans cet article à quoi sert le DPE et comment il peut être utilisé dans le cadre de la réduction de la consommation d’énergie des bâtiments.

De l’importance d’un logement peu énergivore

Ce n’est une nouvelle pour personne, l’État français milite depuis quelques années pour une meilleure gestion de la consommation énergétique dans l’habitat. Une impulsion qui trouve son origine dans les accords du protocole de Kyoto datant de décembre 1997 et qui ouvre la voie à une directive européenne obligeant les états à réduire progressivement leur empreinte carbone.

Ainsi, d’ici 2050, l’objectif est clair et ambitieux : diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre. Pour y parvenir, tous les moyens sont bons, à commencer par la mise en place d’une série d’aides financières à la rénovation qui visent à améliorer l’isolation thermique d’un logement, étant entendu que cette dernière représente un peu plus de 40 % de la consommation énergétique totale française (2016 / source ADEME).

Il faut désormais aller chercher les économies d’énergie là où elles se trouvent et quoi de plus efficace qu’une radio complète d’un bâtiment (le fameux DPE) pour mieux comprendre l’impact de la consommation d’un logement sur l’environnement en matière d’émission de gaz à effet de serre.

Calculer la consommation énergétique d’une maison

On peut se faire une idée approximative de la consommation énergétique de son logement grâce à des simulateurs que l’on peut trouver en ligne. On devra indiquer par exemple :

  • la surface de son logement en m²,
  • le type de chauffage (à gaz, électrique, chauffage au bois, etc..),
  • son profil consommateur (nombre d’heures en marche des appareils électriques quotidiennement).

On sait par exemple que parmi les premiers postes de dépense énergétique, le chauffage électrique représente plus de la moitié de la consommation en électricité des foyers français qui utilisent cette énergie pour leur chauffage.

En marge du chauffage électrique, la production d’eau chaude représente le deuxième poste de consommation avec un peu moins de 20 % de la facture globale d’électricité.

Enfin, l’éclairage et les appareils électriques représentent environ un peu plus de 20 % de la facture d’électricité d’un logement. À titre d’exemple, un congélateur consomme à lui seul plus de 600 kWh/an tandis qu’un sèche-linge consomme en moyenne 450 kWh/an !

S’il est relativement aisé de calculer grosso modo la consommation de certains appareils électriques, cela ne nous donne pas pour autant la consommation énergétique nécessaire pour s’alimenter en chauffage et en électricité.

Pour connaître les caractéristiques thermiques d’un logement, on aura besoin de savoir :

  • quel est l’équipement de production d’eau chaude sanitaire,
  • quel est l’équipement pour la production de chauffage, et de refroidissement.

C’est précisément ce que détermine le DPE. Ce dernier fournit des informations qui concernent la consommation d’énergie du logement sans prendre en compte l’éclairage et le fonctionnement des appareils électroménagers.

Définir la classe énergie à la suite d’un diagnostic DPE

Il faut savoir que le diagnostic immobilier est une étape obligatoire. On ne réalise pas un DPE seulement parce que l’on souhaite anticiper le montant de ses factures d’électricité. Le DPE est obligatoire pour toute vente d’un bien immobilier depuis 2006 et il est également obligatoire dans le cadre d’une location de bien (depuis 2007).

Une classe énergie permet de “noter” un bien immobilier selon sa performance sur le plan énergétique. On retrouve cette notation sous la forme d’une étiquette énergie que l’on retrouve notamment sur les appareils électriques modernes, de type électroménager.

De la même manière, un DPE permet d’attribuer à chaque logement une note sous la forme d’une étiquette énergie, et qui permet de comprendre combien de kWh un logement consomme par an et voir à quelle hauteur il contribue (ou non) à l’augmentation d’émissions de gaz à effet de serre.

Les 7 classes énergie

Il existe 7 classes énergie, de A à G, partant du principe qu’une maison de classe énergie A est la plus performante, et la maison classée “G”, la moins performante et donc est très énergivore. Cette dernière consommera donc beaucoup trop d’énergie pour chauffer ou refroidir un logement.

Une maison F ou G est alors considérée comme un gouffre énergétique avec certainement de gros problèmes d’isolation (murs, toits, cave), et d’aménagement des surfaces.

Comprendre les classes énergie

Au-delà de définir la performance énergétique d’un bien immobilier, la classe énergie permet de comprendre le montant à venir de ses factures d’énergie dans le cadre de l’acquisition d’un nouveau logement (achat ou location).

Connaître le classement de son bien immobilier est essentiel lors de la vente ou de la location de ce dernier, car la classe énergie peut favoriser ou au contraire repousser un propriétaire ou un bailleur dans le cadre d’un achat ou d’une location immobilière. En d’autres termes, une classe énergie peut engendrer une plus-value ou, au contraire, une moins-value immobilière.

Il va sans dire qu’un logement très bien noté (A ou B) est rassurant pour un acheteur ou un locataire. À ce titre, il faut savoir qu’une maison énergiquement performante se vend en général en moyenne 10 % plus cher qu’un bien peu performant. Idem pour un appartement, avec jusqu’à 17 % de gains par rapport à un bien moins performant.

C’est dire l’importance de valoriser son bien en effectuant les travaux énergétiques qui s’imposent pour le faire rentrer dans une classe énergétique plus haute, plus performante, et donc plus attractive en cas de cession de bien.

Comment réaliser un diagnostics de performance énergétique (DPE)

Le rapport de DPE est valable 10 ans et doit être obligatoirement présenté lors de toute cession ou de location de bien. Dans son rapport, le DPE inclut une liste de recommandations pour réaliser des économies d’énergie ainsi que des suggestions de travaux de rénovation énergétique.

Combien de temps dure un DPE ?

Un DPE prend relativement peu de temps : d’une demi-heure à 2 heures environ et coûte entre 100 et 250 euros, selon la taille du logement.

La durée de l’audit va dépendre du volume des surfaces du logement (nombre de pièces du logement), et de la capacité pour le diagnostiqueur à accéder à des informations essentielles comme le système d’approvisionnement en chaleur, le système de refroidissement, etc.

À noter que depuis 2013, le nombre points de contrôle a été doublé (environ 60 points de contrôle) pour être encore plus précis. Une fois le DPE établi et le rapport de performance énergétique validé par un professionnel agréé, ce dernier est enregistré auprès de l’ADEME (Agence de la transition écologique).

À qui faire appel pour réaliser le DPE ?

Depuis 2007, le DPE doit être obligatoirement établi par un diagnostiqueur professionnel, certifié par l’État. Ce dernier doit posséder une formation initiale dans le domaine de la technique du bâtiment (ou une équivalence de diplôme de niveau III, soit bac+2).

Lors de la recherche du prestataire, il est conseillé de faire établir plusieurs devis, car il n’existe pas de réglementation en matière de tarifs de DPE.

Quelles sont ces 7 classes énergie ?

Parlons chiffre et formules tout d’abord. Une classe énergie se mesure en kWh EP/m² /an, c’est à dire la consommation d’énergie globale en kWh que l’on dépense pour se chauffer (eau comprise) et refroidir sa maison, par m² et sur un an. Voici quelques exemples :

  • une maison qui dépense moins de 50 kWh EP/m² an est classée dans la zone A, ce dont peuvent se targuer un nombre très limité de logements. Il s’agit souvent des constructions très récentes dotées des dernières technologies en matière d’autoconsommation (comme la maison passive). Il s’agit d’un habitat haute performance en matière de consommation énergétique,
  • de 51 à 90 kWh EP/m² an : c’est la classe B, une classe déjà un peu plus courante dans nos villes. Il s’agit de logements qui bénéficient en général du label « bâtiment basse consommation » (BBC). Ils sont parfaitement isolés (isolation thermique) et utilisent souvent les énergies renouvelables,
  • De 91 à 150 kWh EP/m² an : quelques menus travaux sont à prévoir pour monter en gamme, comme l’isolation des fenêtres par exemple, et éventuellement le changement d’une chaudière au fioul vers une chaudière basse consommation, 
  • de 151 à 230 kWh EP/m² an : c’est la classe D, avec un bâtiment énergivore, chauffé à l’électricité. Il s’agit de bâtiments qui ont déjà entre 20 et 30 ans et leurs normes sont obsolètes,
  • de 231 à 500 kWh EP/m² an : il s’agit de logements anciens qui ne sont plus aux normes actuelles (années 50 à 70) et exigent des travaux de rénovation importants. Il sont chauffés à l’électricité et sont très mal isolés. Mettre le bâtiment aux normes ne sera pas nécessairement très difficile, mais certainement très coûteux.

Lire également : Changement de chaudière : pourquoi et à quels prix ?

Notez toutefois, que vous pouvez prétendre aux aides à la rénovation énergétique, avec notamment la TVA à 5,5% pour tous les travaux de rénovation, les aides de l’Anah, l’éco-prêt à taux-zéro, et la prime énergie. 

Comment améliorer la performance énergétique de son foyer ?

Parmi les travaux efficaces qui participent à la réduction des déperditions thermiques de la maison, on note :

  • le calorifugeage : on installe des gaines isolantes dans les canalisations pour limiter les pertes de chaleur. Le calorifugeage améliore les performances énergétiques d’un logement et permet d’économiser environ 10 % sur sa facture d’énergie,
  • les panneaux solaires : on convertit l’énergie solaire en électricité pour alimenter les équipements de la maison. Le soleil est une énergie gratuite et permet donc de réaliser de véritables économies sur sa facture énergétique,
  • le chauffe-eau thermodynamique : c’est un chauffe-eau qui produit de l’eau chaude de manière écologique et économique (jusqu’à 75 % d’économies d’énergie par rapport à un chauffe-eau électrique).
  • l’isolation des combles perdus : optimisation de l’isolation thermique : pour ce faire, on utilise de meilleurs isolants naturels tels que la laine de verre ou de roche, ou synthétiques comme le polyuréthane.

Pour tous ces travaux, vous pouvez contacter des entreprises RGE (reconnus Garant de l’Environnement) pour bénéficier d’aides financières spécifiques.


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